Archive pour août, 2015

Veillée d’armes…

 

Eh oui, le combat reprend demain; « avec les songes de mes soldats je construis mes victoires » disait à peu près Napoléon; ma nouvelle proviseur-adjoint, elle, trouve utile de nous envoyer nos emplois du temps avant la bataille ! Quelle stupidité stratégique ! Où est l’effet de surprise ? C’est bien une initiative de gonzesse bien pensante ! Elle a dû lire dans son petit  manuel du bon petit proviseur-adjoint républicain (en caractères gras) qu’il fallait utiliser le plus possible le courrier électronique, favoriser les échanges à distance, bien virtuels, sans risque… C’est curieux, elle me donne des envies de paysan, cette petite bourgeoise académique, un jour je débarquerai avec mes bottes pleines de bouse dans son bureau, pour lui faire sentir l’odeur du virtuel ! Toujours est-il, calmons-nous un peu, que je n’ai pas ouvert son irrespectueux émile (comme dirait Matzneff… Un auteur qu’elle n’a sans doute jamais lu !); tu ne vas pas me saloper mon ouikenne, vicieuse ! Quelle erreur grossière de sa part qui plus est; au lieu de rencontrer demain des professeurs courtois, chaleureux, enchantés, enchantés, elle va déjà croiser des regards venimeux et peut-être même devoir faire face à des questions: et mon lundi matin ? et mon vendredi après-midi ? et pourquoi ce trou de 3 heures ? La réponse, on la connait ! C’est pas moi qui ai fait les emplois du temps ! Et ben alors, pourquoi nous les envoyer avant l’heure ? Un peu de retenue, un peu de décence, quand on n’a pas encore saisi toutes les responsabilités ! On la joue feutré, suave, détendu, on soigne son décolleté, son jeu de jambes, on vérifie son sourire, ses yeux, son haleine, les bases de la civilisation enfin ! Au lieu de quoi, elle va nous servir un petit bla-bla républicano-vertueux d’une bouche encore tiède des saloperies diététiques qu’elle aura bouffées au petit dej ! Et je ne parle pas de ce qu’elle aura fait avec la veille au soir !

Je sens que mon côté grognard va regimber; à moins que je ne me fasse caressant, suceur, perfide, le genre Talleyrand quoi: et j’irai la voir dans son bureau, la démarche un peu claudicante, lui dire tout le bien que je ne pense pas de sa dernière convocation, que nous sommes tous investis dans la même mission, la réussite des élèves, et comment ! Toutefois, glisserai-je par un regard horizontal très amorti (une balle vicieuse comme on dit au tennis), toutefois, madame la proviseureeee (j’insisterai sur le eeee) adjoint (là, très bref, pas la peine de lui faire sentir qu’elle n’est qu’une sous-merde dans un chemisier de soie), toutefois la réussite des élèves doit aussi être celle des professeurs (autrement dit, au lieu de nous faire chier avec tes réunions à la con, laisse-nous tranquilles chez nous, qu’on se cultive un peu et qu’on se refasse la cerise !) – Bon, je devine ce que mes collègues vont dire:laissons-lui le temps de s’adapter et de faire ses preuves… Laissons du temps au temps, et laissons l’avenir venir, qué sera sera et qui vivra verra !

En attendant, accrochons-nous au passé proche. Hier, sur Radio-Courtoisie (vraiment, quelle bonne station !), s’exprimait le père Paul Valadier, un catholique intellectuel (et réciproquement) de haut niveau, spécialiste de Nietzsche, entre autres, car il a aussi écrit sur Machiavel (le seul livre de lui que je possède); propos très clair, malgré les interruptions de son interlocuteur et les messages (souvent très cons) des auditeurs; avec ce monsieur, on retrouve la grande tradition d’une pensée catholique raisonnable, et relativement rationnelle (tout en prenant ses distances avec les conceptualisations souvent sectaires des idéologies soi-disant laïques ou athées); le père Valadier proteste contre les préjugés et les énormités qu’on continue d’enseigner sur la religion catholique, et il a récemment entendu sur une radio une journaliste soutenir que les cathédrales ont été construites en s’inspirant de l’architecture musulmane ! Toutefois, en désaccord avec son interlocuteur, il conteste l’idée que l’Inquisition ait pu apporter un progrès dans la recherche d’une justice humaine, et dans l’ensemble il porte un regard plutôt inquiet sur l’usage que les hommes font de la liberté; et Dieu dans tout ça ? Là, le père Valadier, 82 ans, veut croire à un au-delà féerique: nous serons surpris, subjugués, dit-il, par tant de beautés. Qui mourra verra !

Toujours est-il que profitant de mes dernières heures de liberté intellectuelle, je pars en ville à la recherche d’un livre du père Valadier. Naïvement je me dis que la librairie catholique devrait me donner satisfaction… Du tout ! J’y vois, vite fait, horreur, un livre de Attali, mais rien du père Valadier ! Vous avez dit librairie catholique ? A mon avis elle est tenue par un conversos, un marrane, dès qu’il s’agit de commerce de toute façon… Bref, sortons ! Je vais donc à la librairie habituelle des profs, une librairie de gauche, évidemment; Paul Valadier ? Connais pas ! En revanche tous les livres de Frédéric Lenoir sont alignés; Lenoir ! On est loin de l’Immaculée Conception ! Ce type représente la tendance bien pensante d’un catholicisme résiduel et touristique (du moins en Occident): un peu de Lourdes pour avoir une âme légère ! Et Lisieux pour pleurer ! Gentiment je m’esquive donc de cette librairie. Reste la bouquiniste. C’est une boutique très étroite, où il faut se faufiler entre les rayons et les piles de livres; certains collectionneurs d’un certain âge en profitent, je crois, pour frôler les petites étudiantes. Je m’efforce de rechercher Valadier, même si, près de moi se trouve en effet une belle créature, jupe très courte, bien moulée, jambes parfaitement proportionnées, mollets de rêve… Je cherche, je cherche ! Tiens, voilà son mec, le genre intello, lunettes, calvitie, il fait le malin avec les auteurs qu’il a déjà lus … C’est sûrement une étudiante en sociologie (elle regarde vaguement dans ce rayon-là, mais elle en profite pour se soulever un peu sur la pointe des pieds et donner à son petit cul déjà fort bien profilé un aspect quasi… lunaire !); et lui, ce doit être son prof ! Ah le petit salaud ! le profiteur ! Eh bien qu’il en profite, parce que ça ne va pas durer ! Et moi, toujours pas de Valadier.     

                                    

Sortez-les tous !

 

La vie politique actuelle, c’est la mort de la nation. J’appelle nation l’existence d’une société solide; solide par sa formation, sa culture, son savoir-vivre et savoir-faire, solide par ses activités, ses productions, solide par les liens et l’attachement de celles-ci au territoire; nation solide aussi par ses lois, ses codes, ses droits et ses devoirs…

Chaque jour apporte des exemples de fragilité, nationale et donc sociale; la formation et la culture sont un fiasco, j’en sais quelque chose ! A peine un tiers des jeunes de 18 ans dispose aujourd’hui en France d’un cerveau et d’un corps sains; les autres sont d’épouvantables malades feuq-landisés (avec la variante « djihadiste » qui est une conséquence et un produit de la propagande médiatique !). Le savoir-vivre et le savoir-faire sont en net recul y compris chez les adultes (30-50 ans); les gens ne savent plus se regarder, s’écouter, très vite c’est l’invective, l’agression; les femmes se sont tellement émancipées qu’elles se retrouvent souvent bien seules au sommet de leurs « libertés » et de leur indépendance; les hommes n’ont plus le savoir-faire manuel et bricoleur d’autrefois, c’est à peine s’ils savent allumer un barbecue; leur apparence vestimentaire laisse aussi à désirer (tee-shirts avec slogans débiles de Feuq-land); celle des femmes est en revanche plus séduisante, mais elle agit comme un miroir aux alouettes. Le culte, du moins la culture des apparences n’est pas allée de pair avec celle de l’esprit, ni même avec celle du corps; beaucoup de ces personnes séduisantes au premier abord s’avèrent terriblement pauvres d’esprit et médiocres sur le plan physique.

Les activités, les productions ? Une bonne partie du territoire français s’est désertifié, vidé de ses habitants et de ses emplois; les petits commerces, l’artisanat, les PME rurales ont disparu; les villes se sont étendues, des milliers d’hectares agricoles (et de très bonnes terres !) ont été « sacrifiés »; certains lotissements sont de qualité, leurs occupants s’adonnent activement au jardinage (retraités, anciens agriculteurs eux-mêmes), et sont attentifs au voisinage, mais beaucoup sont des zones d’indifférence générale, d’irrespect et de nuisances de toutes sortes (bruits, vols, violences). Les gouvernements des trente dernières années ont fait le choix (ou l’ont abandonné) de privilégier le grand commerce, les axes de communication rapide (autoroutes, LGV), les « technologies » du savoir et du « vivant » (informatique, génétique, cosmétique, etc.), mais ont négligé les activités et les productions de base, de proximité, ainsi que les populations qui auraient pu les exercer. On semble découvrir depuis une dizaine d’années, à travers les discours angoissés de l’écologisme, les erreurs et les impasses des stratégies de la mondialisation, du libéralisme commercial et de l’urbanisation métropolitaine, mais cette « prise de conscience » est très superficielle et bien pensante, puisqu’elle ne change rien aux dites stratégies, sinon qu’elle leur donne une faculté de mensonge encore plus grande. Cette  »prise de conscience » est surtout très sélective, et manipulée par les médias et certaines ONG soi-disant écologistes mais qui en vérité obéissent à des stratégies mondialistes (en faveur de Feuq-land !).

Avec la rentrée politique française se dessine de plus en plus clairement le grand mensonge de nos gouvernements, et de l’actuel en particulier, où tentent de cohabiter des ministres libéraux, sociétaux, écologistes, dont les projets de lois se contredisent (la loi Macron n’a rien d’écologique ! et ses retombées sociétales seront faibles voire néfastes en termes de « qualité de vie »); leur cohabitation est bien sûr rendue possible par les relations copines voire coquines qui se nouent entre eux, entre elles, ainsi qu’avec les journalistes. Malgré la désinformation (le mensonge) des médias du système (le service public notamment) les Français comprennent de plus en plus qu’ils sont gouvernés avec incohérence, ineptie et mépris. Toutes sortes de lois sont votées, de plus en plus confuses et susceptibles par conséquent d’être interprétées différemment par les tribunaux saisis (et le fonctionnement de la justice est lui-même d’une profonde opacité arbitraire); « les lois inutiles affaiblissent les nécessaires » écrivait Montesquieu; et l’on peut dire en effet que les lois actuelles contribuent à la fragilité de la société française, car bien des gens se sentent et se retrouvent perdus lorsqu’ils sont confrontés à des situations où la loi et le tribunal interviennent; ils ont l’impression d’un gouvernement d’extra-terrestres qui ne comprend rien aux réalités de leur vie quotidienne ! Ce phénomène d’incompréhension, certains moralistes l’appellent à juste titre « l’inversion des valeurs ». On laisse en liberté le délinquant et on met en prison la victime qui a osé se défendre; on condamne un écrivain pour une phrase jugée antisémite mais on tresse des lauriers médiatiques à l’épouvantable cinéaste qui montre des scènes de meurtre rituels, des viols, et toutes sortes d’horreurs. On tente d’interdire toute pensée vraiment critique, on favorise en revanche la pignouflerie médiatique des petits amuseurs et des pétasses. Des noms ? Voir l’avant-dernière page de Ouest-France (29 août).

La rentrée politique ne m’inspire qu’une observation, un cri du coeur (car je suis un être sensible !): Sortez-les tous ! La France serait mille fois, que dis-je, infiniment mieux dirigée par des hommes et des femmes de terrain, réunis dans de petits conseils et collèges, régulièrement renouvelés par des élections; ces petites assemblées locales choisiraient ensuite parmi leurs élus des représentants qui siègeraient dans des conseils régionaux, puis ceux-là désigneraient un conseil fédéral national. Si la société française n’est pas encore aujourd’hui totalement décomposée, même si le processus de désintégration progresse à grande vitesse, elle le doit à ses nombreux bénévoles et élus de terrain, et à certaines (pas toutes !) associations. Je le dis avec d’autant plus de gravité et d’admiration que je n’en suis pas et que je ne participe à rien ! Mais il faut des gens qui tels que moi, par la distance et la discrétion, soient en mesure d’apprécier ce que font les autres et capables de voir en grand l’état général de leur pays.                                                                    

Jouez-vous au golf ?

 

Libéral, ouvert d’esprit, j’ai découvert cet été un sport longtemps réservé aux gens riches et oisifs mais dont la pratique s’est développée, rebondissant sur des gens moins riches et moins oisifs; un sport ? Je me souviens du champion cycliste Bernard Hinault répliquant à un journaliste mondain (Jacques Chancel, peut-être) qui lui vantait les qualités de ce sport: « mais ce n’est pas un sport, y a pas d’effort là-dedans ! » Il s’agit du golf, vous l’aviez deviné. Comme Hinault j’avais moi aussi l’image d’un loisir de riches héritières et de jeunes ambitieuses, encadrées par des bellâtres, cette image étant confortée par un très bon épisode de Columbo où le lieutenant en gabardine s’oblige à taper quelques balles, fort bien d’ailleurs, afin de poursuivre son enquête en questionnant l’entraîneur de golf de la suspecte (et coupable). L’autre image dominante était celle d’un loisir des milieux dirigeants, des diplomates, des patrons, se déroulant à l’extérieur des grandes villes, dans des espaces calmes et verdoyants, propices le cas échéant à l’élimination d’un de ces dirigeants, comme on le voit dans un film d’Henri Verneuil avec Bernard Blier, qui s’écroule, majestueusement, frappé en pleine tête sur le parcours du golf (« Le corps de mon ennemi », 1976).

La pratique du golf, disais-je, s’est développée, d’aucuns vont même jusqu’à parler de « démocratisation »; en quoi marcher sur l’herbe pour mettre une petite balle au fond d’un trou est-il un geste démocratique ? Celui de mettre un bout de papier au fond d’une urne ne l’est même pas… Alors, du calme avec la démocratie, s’il vous plait ! Les origines du golf plongent dans le Moyen Age (je signale au passage que la page « histoire du golf » sur wikipedia est presqu’entièrement vide; amateurs de golf, faudrait peut-être un peu se remuer du poignet !)- C’est une pratique de détente pour les archers anglais (qui nous ont mis une belle branlée à Azincourt !) – On dit que la reine d’Ecosse Mary Stuart y joua quelques jours après la mort de son mari Lord Darnley, en 1567, ce qui fut alors jugé déplacé. Méfions-nous, il s’agit peut-être d’une diffamation anglaise ! La création du premier club de golf, The Gentlemen Golfers of Leith, intervient toujours en Ecosse en 1744,  par William Saint-Clair de Roslin, maître maçonnique, et dans la foulée sont posées les premières règles. Le trou est bien sûr devenu l’objet principal de l’activité, ce qui n’était pas le cas auparavant (où le but était de frapper dans une balle le plus loin possible avec une batte). Tout au long du XIXe les clubs et les parcours se multiplient, le premier terrain français ouvre à Pau en 1856, puis Biarritz en 1888, Dinard en 1890. L’année suivante le diamètre du trou est fixé à 10, 8 cm (il ne changera pas depuis) et sa profondeur à 10,16 cm. La petite balle se perfectionne avec le caoutchouc (gutta-percha). Bien sûr, de nombreuses compétitions sont organisées, où dominent les anglo-saxons, mais le Français Arnaud Massy (né à Biarritz en 1877 et mort à Etretat en 1950) remporte le British Open de 1907. Côté féminin, Simone Thion de la Chaume gagne le Lady British Open en 1927; de son mariage avec le tennisman Réné Lacoste naît une fille, Catherine, qui remporte l’US Open en 1967 puis l’US Ladies Amateur et le Lady British Amateur en 69 ! La France avait encore du répondant à cette époque !

Le golf s’est mondialisé au cours des trente dernières années, et la télévision a permis de le mettre en valeur; les règles peuvent sembler hermétiques au premier abord, surtout pour les non-anglophones, car tous les termes du golf sont en anglais; mais le but est simple: la mettre dans le trou ! La balle bien sûr. Celle-ci pèse exactement 45,93 grammes. Le joueur (ou la joueuse) dispose d’une bonne dizaine de clubs pour frapper dedans; selon qu’il doit l’envoyer très loin, moins loin, ou la soulever pour la déposer gentiment sur le green, qui est l’espace entourant le trou et très finement tondu (on a envie de passer la main dessus), il (ou elle) va utiliser un club dont la zone de frappe est plus ou moins ouverte. Il faut être à la fois concentré, souple, calme, déterminé, ainsi qu’en parfaite condition physique; il faut surtout beaucoup s’entraîner pour bien jouer. Et encore… Comme dans tout sport, il y a une part de mystère, de charme, de grâce (et de disgrâce !). Osons le dire, le sport est la grande religion du XXe siècle (du moins chez les Occidentaux); et du reste on joue le dimanche matin, au lieu d’aller à la messe !

On estime à plus de 80 millions le nombre de pratiquants dans le monde, ce qui fait du golf le premier sport individuel ! L’Occident se taille évidemment la part du lion, et Feuq-land en particulier avec 40 millions de joueurs et joueuses. Mais l’Asie compte plus de 15 millions de pratiquants, avec l’Inde où le golf fut introduit dès le milieu du XIXe; la Chine a ouvert son premier terrain au début des années 1980 et compte près de 500 parcours aujourd’hui, comme en France (sur un total mondial de plus de 32 000). Les atouts du monde asiatique pour attirer les joueurs ne sont pas négligeables, comme le suggère la photo suivante:

golf-chinoise                  

 Je me suis contenté d’admirer des amis français pour ma première expérience golfique; hélas ils ne m’ont pas laissé de photo, mais je peux vous assurer qu’ils étaient fort élégamment vêtus; madame était tout en rose (sweat shirt et jupe) et monsieur portait une chemise beige, qui allait très bien avec le vert du parcours; la Normandie peut s’honorer de quelques très beaux terrains (mes amis ont particulièrement apprécié celui d’Etretat), et du reste la réputation du trou normand est solidement établie; sur le parcours du golf d’Omaha Beach, chaque trou (il y en a 18) porte le nom d’un général américain de la Seconde guerre, sans oublier Churchill et même de Gaulle; malgré la présence de bunkers (cavités de sable) autour des greens aucun trou n’a reçu le nom d’un général allemand.

Enfin, il faut répliquer un peu à ceux qui dans l’enseignement (les bobos de gauche !) contestent le golf en raison de son caractère non-écologique (consommation d’eau, utilisation de pesticides), que les parcours permettent bien souvent d’entretenir l’environnement et de donner une ampleur majestueuse au paysage, qu’il n’avait pas auparavant.

                                       

Suis-je libéral ?

 

Les questions générales méritent des éclaircissements particuliers, voire singuliers; en chaque individu sommeille un « monde en soi » qu’il faut tirer de sa léthargie; sans quoi, le monde extérieur, le monde des autres, le monde des puissants et de leur domination, réelle et fantasmée, impose ses bruits et ses rumeurs; dire « je », écrire « je », de temps en temps, régulièrement, activement, avec entrain, me semble de la plus haute nécessité, morale, sociale, culturelle, psychologique…

Suis-je libéral ? A la lecture des auteurs qui font le procès du libéralisme (Michéa, etc.) et invoquent des valeurs humaines  bafouées par celui-ci, j’avoue éprouver quelque perplexité; ou, pour le dire plus crûment, leur lecture tend à m’ennuyer assez vite; ces philosophes soi-disant critiques ou contestataires de l’ordre économique capitaliste actuel me paraissent manquer singulièrement de verve, de tonus, et surtout de style; leur prose est beaucoup trop technique et emberlificotée, elle ne touche pas aux zones érogènes de l’expérience, elle se complait dans les références, elle se cache derrière les auteurs disparus. Jean-Claude ! Parle-nous de toi zut ! Es-tu anti-libéral dans ta vie quotidienne ? comment cela se traduit-il ? tu vis avec la même femme depuis trente ans ? tu es toujours abonné au Monde diplomatique ? Que de petites discrétions inutiles ! Quand on écrit, il faut mettre de temps en temps la main au cul ! Je veux dire qu’il faut écouter le monde en soi qui nous dit « vas-y ! vas-y ! » et repousser la pression du monde extérieur et de sa fastidieuse altérité moralisante (le terrain de prédilection des bien pensants puritains ! c’est à dire des documentalistes et des profs de français !). Donc, oui, je suis et je me sens libéral en comparaison des fonctionnaires et des bureaucrates de la réflexion carriériste qui m’entourent (miroir, mon beau miroir, vais-je passer hors-classe l’an prochain ?) -

Mais si un vrai libéral du milieu des affaires, du management et de la communication venait à débarquer chez moi et à y passer quelques jours, je crois qu’il serait tout bonnement effrayé et consterné de mon mode de vie. - Avec des types de votre genre, diagnostiquerait-il, pas étonnant qu’il n’y ait pas de reprise économique ! Vos dépenses sont minables, elles n’entraînent rien, aucun mouvement, aucune dynamique ! Dépenses de proximité casanières et préhistoriques ! Et vos investissements ? Quoi ! Vous épargnez ? A votre âge ? Alors que vous n’avez pas d’enfants ! Mais vous êtes malade ! Névrosé ! A moins que vous ne soyez idiot ! Je proteste: je paye beaucoup d’impôts vous savez… – Aveu de faiblesse ! C’est l’excuse des gens qui ne savent pas manier l’argent, qui ne savent pas le faire vivre ! Si au moins vous entrepreniez des petits travaux dans votre appart (entre nous très désuet !), vous pourriez obtenir des crédits d’impôts, du moins les solliciter, comme savent le faire tous les vrais libéraux qui se respectent, comme le cinéaste Luc Besson, qui vit aux Etats-Unis mais revient en France dès qu’il peut profiter d’une petite mesure fiscale et libérale en faveur de la création ! – Je n’aime pas ses films, ce type est un gros feuquiou de chez feuquiou. – Ce n’est pas le problème, parlons plutôt de votre voiture ! Vous êtes collectionneur ? – Elle roule très bien ! – Mais une voiture, enfin, mon pauvre ami, ce n’est pas seulement un objet pratique, c’est l’objet par excellence de la civilisation libérale, c’est le symbole de l’ambition, du désir, de la réussite et de la performance ! – Je n’en ai pas…  – Impossible ! Tout individu est animé par le désir… – Je cherche. - Ma parole, vous relevez de la psychiatrie ? – Vous pensez à une femme sans doute ? – Tout de même ! ou un homme, peu importe, ou  deux ou trois, le libéralisme est libéral sur le plan des moeurs et de la sexualité, enfin, que diable ! une vie de sorties, de tourisme, de dépenses, de shopping, de restaurants, de thalassos, de partouzes, éclatez-vous le fion merde à la fin ! – Mon dieu, dit ainsi, je préfère encore et de loin ma petite vie solitaire bien rangée, sereine, détendue, rêveuse, ironique…  

On le voit, le libéralisme est ambivalent, polyvalent et polysémique, c’est une idéologie sans doctrine, sans manifeste, sans non plus l’intellectualisme paradant et mascaradant des autres idéologies; pour cette raison là, il peut me plaire. J’apprécie beaucoup Tocqueville, style impeccable, qualité de l’analyse, justesse de l’observation, vivant et savant maniement des « je », « nous », on », nulle grandiloquence, nul jargon, mais souplesse et limpidité du propos. D’un autre côté, le libéralisme est effrayant et consternant: c’est « l’extension du domaine de la lutte » avec ses surenchères de vulgarité méchante, de ruse infâme, de coups tordus et de manipulations de toutes sortes… Rien à voir assurément avec ce qu’imaginait Adam Smith, c’est à dire une coexistence relativement pacifique de marchés nationaux rationnels et même raisonnables. Impossible pour moi, qui suis rationnel et raisonnable, d’apprécier l’épouvantable niveau de connerie et de mensonge de Feuq-land Inc, à tel point même que le libéralisme qui s’y pratique et qui cherche à dominer partout n’a plus rien à voir avec le mot libéral et encore moins avec celui de liberté. Adam Smith mettait en garde contre les coalitions des grands marchands (les trusts !); il aurait pu y ajouter les banquiers et les administrations militaires qui travaillent de conserve (Goldman-Sachs et l’OTAN) à renforcer l’impérialisme décadent et barbare de Feuq-land Inc, qui n’hésite pas dans son entreprise à recruter ceux qu’on présente comme les « vrais barbares » (les djihadistes) et de telle sorte que la véritable barbarie de leurs chefs et agents soit revêtue des apparences de la liberté, de la démocratie et de la civilisation. Il faut se méfier, nous en savons quelque chose nous autres profs, de ces personnes qui paraissent moralement insoupçonnables, telles ces deux petites jumelles de 13 ans, toutes gentilles et sages (les petites Goulard !), filles de prof ! et qui avaient un jour glissé dans mon casier un terrible dessin obscène (je le revois encore !) en orientant mes soupçons vers une pauvre fille un peu rustique et rurale. On découvrit tout de même la vérité, et il me fallut, pénible scène, recevoir les parents et les petites filles en larmes, qui n’avaient pas eu conscience de leur geste. Explication officielle. Mais il m’est d’avis que ces deux petites salopes ont dû poursuivre leur oeuvre maléfique. Sorcières !   

                                                          

Le libéralisme en question

 

Les bien pensants, et plus encore les bien pensantes, se félicitent de la loi Macron (une loi scélérate, puisqu’elle n’a pas été votée !), qui autorise dorénavant les magasins des grandes villes et des zones touristiques à rester ouverts jusqu’à minuit, ainsi que le dimanche. Triomphe du commerce ? Victoire surtout d’un certain féminisme consumériste, qui consiste à placer monsieur sous la surveillance de madame, et en promenant les enfants; grâce au shopping assorti d’une petite pause déjeuner (une salade légère) la vie conjugale n’en sera que plus détendue, voire épanouie, en tout cas les psychologues du couple sont formels: il faut favoriser des moments d’échanges quotidiens, multiplier et confronter ses opinions sur toutes sortes de sujets, fluidifier (lubrifier ?) en somme la dynamique conversationnelle grâce à des points d’appui modestes et anecdotiques (ceux que peut inspirer par exemple une sortie shopping !), de loin préférables à ces grands sujets quasi tectoniques (l’amour, l’argent, la réussite, l’avenir, les enfants) qui séparent les deux sexes depuis des générations. Le commerce détend les moeurs, avait déjà observé Montesquieu, car la jouissance de l’objet apaise le désir de sa possession.

Le libéralisme a bien changé depuis l’esprit des Lumières, et ses premiers théoriciens, tel Adam Smith, eussent été bien consternés de ses effets dévastateurs, sur le plan des moeurs privées et de la morale publique; car loin de consacrer la paix entre les nations par le libre-échange, il a favorisé l’empire des marchands et des banquiers sur les Etats, et provoqué des crises financières, des « krachs », qui se sont soldés par des politiques d’austérité et de repli, voire des réactions autarciques et militaristes. Adam Smith, du reste, mettait déjà en garde contre la « classe de gens » des marchands, dont les intérêts « supra-nationaux » doivent être regardés et analysés avec défiance, écrit-il, lorsqu’il s’agit de voter des lois dites d’intérêt général. Le théoricien du libéralisme conclut son livre le plus célèbre, Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations (1776), par une critique de l’empire colonial britannique, devenu une charge financière trop lourde et une chimère de propagande dont se servent les dirigeants pour abuser et amuser le peuple, en même temps qu’ils se dupent eux-mêmes. En somme, Adam Smith préconise un libéralisme commercial tempéré voire conditionné par la bonne gestion d’un Etat soucieux de protéger la paix civile par des impôts justes et des lois vigilantes.

Il est très commun aujourd’hui, notamment chez les bien pensants de gauche (beaucoup de profs), de critiquer le libéralisme pour ses injustices sociales et son idéologie des excès, de la « performance », de la compétition, de la cupidité, au détriment des « valeurs communes », ou de ce qu’on appelle aujourd’hui le « vivre ensemble ».  Le philosophe méridional Jean-Claude Michéa emprunte à Orwell l’expression de « common decency », qui désignerait donc une « décence commune », un héritage social, culturel et moral expirant, mais susceptible d’être réactivé, telle une faible braise qu’on croit éteinte; seul un philosophe méridional sensible aux embrasements estivaux des pinèdes peut encore imaginer une telle alternative lumineuse et flamboyante au sombre libéralisme de type nordique et anglo-saxon. Le néo-marxiste post-freudien Francis Cousin est plus apocalyptique: on regarde le libéralisme comme l’idiot regarde le bout du doigt et non ce qu’il désigne; ce que désigne le libéralisme c’est le capitalisme totalitaire, la « technologie cybernétique de l’abrutissement universel », la chosification et la marchandisation de l’humain, puisque nous sommes, dit-il, devenus « les épaves circulatoires de la démocratie du capital enfin réalisée », « les robots machiniques du désir narcissique de la marchandise totalitaire » !

En attendant l’apocalypse, revenons à nos gentils promeneurs familiaux du dimanche. Ils incarnent la tranquillité, la sérénité, la paix morale; à la base de l’idéologie du Progrès et du libéralisme considéré comme facteur et méthode de celui-ci, on trouve l’aspiration des individus à vivre tranquilles et donc à échapper aux terreurs de la guerre, le plus grand de tous les maux. Et c’est pourquoi le libéralisme, malgré ses injustices et ses possibles responsabilités (mais peut-on responsabiliser une idéologie ?) dans les dérèglements économiques ayant débouché sur des guerres (les historiens sont très réticents à faire le procès historique du libéralisme, en revanche celui du communisme et bien sûr celui du nazisme sont beaucoup plus faciles à instruire !), malgré les critiques de la gauche sociale et de l’extrême-droite nationaliste qui chaque jour en Occident lui sont faites, et qu’il parvient à déjouer ou à ignorer superbement en raison de leur hétérogénéité et de leurs divisions théoriques, ajoutées à leur impuissance pratique, le libéralisme conserve donc la maîtrise et la conduite des « opérations »; Jean-Claude Michéa parle de « l’empire du moindre mal » pour désigner cet état du monde, fort contrariant pour la plupart des populations. Cet empire tire son énergie de la lassitude du plus grand nombre, un mal identifié bien avant Tocqueville (l’auteur préféré des libéraux, car il pointe du doigt les effets léthargiques et anesthésiants de la démocratie majoritaire et de l’opinion commune), quand La Boétie, au XVIe siècle, écrit: « Ils ne sont puissants que parce que nous sommes à genoux ».

Le libéralisme permet en effet et surtout aux « puissants » de prospérer, en échappant à toutes les assignations, à toutes les désignations; en parler ne serait-ce qu’à demi-mots, comme je m’y risque modestement, peut même déclencher chez certains bien pensants l’accusation de « théorie du complot » voire celle d’antisémitisme, puisqu’en effet les puissants, dans le monde des affaires, de la diplomatie et de la guerre, ont une réputation communautaire qui remonte à la plus haute antiquité mais qui probablement est exagérée (on ne prête qu’aux riches !) dans notre époque moderne… Tout en étant donc la cause supposée d’une puissance de type occulte (« la main invisible » du marché ? à moins que ce ne soit le doigt dans le cul des gouvernements !) le libéralisme permet quand même à nos gentils couples de se promener à visage découvert dans les allées des centres commerciaux, même si monsieur peut montrer ici et là quelques signes de lassitude. C’est le symptôme de « l’empire du moindre mâle »…

                                          

Allez l’OM !

 

La troisième journée de la Ligue 1 a été dominée par le score flatteur de l’OM victorieux 6-0 de Troyes; l’Aube n’a pas tenu ses promesses. Sinon cette « avalanche de buts », les autres matchs ont été d’une platitude habituelle; un indigeste brouet de jeu, des « bouillies de foot » a même déclaré un journaliste. Les austères tacticiens ont cependant salué la performance du Stade Rennais, vainqueur 2-1 sur le terrain de Lyon, grâce à deux tirs cadrés (les deux seuls de la partie); pour ce match, l’entraîneur Philippe Montanier avait aligné 9 joueurs à vocation défensive; à ses détracteurs, qui lui reprochent de ne pas aller de l’avant, le taciturne tacticien rennais répond, tel Philippe Pétain, qu’il attend des jours meilleurs (l’arrivée de Gourcuff ? le retour de N’Tep) pour s’engager dans de probantes offensives. Evidemment, le chauvinisme du « Roazhon Park » est pour l’instant mis sous l’éteignoir.

Mais parlons un peu de l’OM; son public est autrement plus exigeant et intempestif que les tièdes tribunes de l’enceinte bretonne; les austères tacticiens et les gestionnaires francs-maçons du football déplorent qu’un club soit ainsi placé sous la pression de son public; ils y voient une forme de populisme et de fascisme. Le milieu bien pensant et hypocrite des journalistes, très parisiens, est divisé sur la question, et il arrive qu’au milieu de multiplex dépourvus de buts la conversation s’anime et s’emporte entre un Pascal Praud très bourgeois et très réticent face à certaines franges populaires des tribunes, et un Philippe Sanfourche qui regrette au contraire l’embourgeoisement VIP du Parc des Princes, où ne souffle plus la passion collective d’autrefois. En revanche, quand il s’agit de l’OM, c’est le même Pascal Praud qui semble s’amuser des réactions, sans doute folkloriques à son goût, de certains supporteurs marseillais dont il n’hésite pas à diffuser les clips vidéos dans l’émission qu’il présente sur I-Télé (du lundi au vendredi, de 19 h 40 à 20 h 20). Le côté pseudo- »pagnolesque » de ces réactions, mais d’un genre comique surfait et quelque peu névrosé (inspiré des shows à l’américaine et de l’école du « stand up » à la française financée par Luc Besson, toujours à l’affût de subventions…), en dit long tout de même sur la complaisance des bobos bien pensants à l’égard d’un certain « type » d’expression populaire.

Il n’en reste pas moins que le public de l’OM dégage une ferveur à nulle autre pareille, amplifiée dorénavant par la nouvelle enceinte du Vélodrome; et je ne doute pas non plus qu’il s’agit d’un public connaisseur et adepte du beau jeu, celui préconisé par Bielsa, et que devrait poursuivre le nouvel entraîneur, le sémillant Michel; ce club, malgré les crises et les rebondissements qu’il a connus, conserve une « identité », à la manière de celle du Barça, qui s’est en grande partie construite en opposition à la capitale; identité provinciale et provençale très fantasmée, car le club est financé par une certaine Margarita-Louis-Dreyfus, dirigé par un Vincent Labrune à l’allure de VIP mondialiste, manager post-moderne, et constitué de joueurs qui n’ont aucune origine ni culture marseillaises (à la différence du Barça qui forme des joueurs catalans). Cela étant, le club parvient à imposer une « image » qui ne repose pas, comme celle du PSG, sur le seul vedettariat et la complicité complaisante des médias parisiens; et le public marseillais s’enthousiasme de voir des joueurs qui ne sont pas des vedettes arrogantes et capricieuses (telle Ibrahimovic) mais montrent au contraire des qualités d’abnégation et de respect des consignes ou des idées de l’entraîneur; tandis que le PSG met en scène des « individualités » du star-system, à grands renforts de jeux de lumière et de hauts parleurs vociférants, l’OM s’efforce de préserver et de sublimer une identité collective, qui doit beaucoup à la ferveur théâtrale et aux clameurs d’une partie du public. Tel fut d’ailleurs le rôle du théâtre (et de l’opéra) dans la constitution de certaines cités-Etats (Athènes à l’époque antique) voire dans l’affirmation des idées nationales au XIXe (Italie, Belgique).

Le PSG est en revanche la négation de l’esprit de club et de toute forme d’identité; c’est une équipe mondialiste, qui repose sur les milliards du Qatar et les réseaux oligarchiques-ploutocratiques tissés par le prince héritier (« ami » de Sarkozy) de cette petite enclave sous protection de Feuq-land Inc. La complaisance des journalistes parisiens à l’égard de cette équipe s’avère de plus en plus pénible à constater; ainsi hier soir sur L’Equipe TV, on a pu entendre je ne sais plus quel pignouf défendre le choix de Douchez, gardien de but n° 3 du PSG, qui ne joue donc plus, mais veut rester dans l’équipe, parce qu’il y est bien payé (150 000 euros par mois !) et que l’ambiance des victoires par procuration lui convient mieux que celle d’une équipe où il pourrait être titulaire mais où il devrait sans doute encaisser des buts ! Ce genre de propos est aberrant, et il traduit ce que devient le foot-business: des types payés pour ne pas jouer ! Que le gardien en question, Douchez, soit issu du Stade Rennais, apporte un élément négatif supplémentaire à la déplorable image du club breton, ou soi-disant breton. Enfin, autre dérive du foot-business: l’argent peut pervertir en très peu de temps un jeune joueur, surtout quand il s’agit d’une probable futur vedette; c’est le cas de Paul Pogba, qui a vu son salaire fortement augmenter ces derniers temps (il doit frôler le million d’euros par mois), mais connait un sérieux « trou » dans ses prestations depuis quelques matchs; Grégory Schneider sur I-Télé s’avoue très inquiet sur l’avenir de ce joueur-mercenaire, dont la carrière s’annonce chaotique. Plus que jamais, il faut privilégier, sinon dans les faits, du moins dans le discours, les véritables clubs fortement structurés qui savent former des joueurs, les faire progresser et les conserver le plus longtemps possible dans leurs effectifs.

Allez l’OM !   

          

                                       

L’insoumise marquise

 

C’est une mode, une opinion massive et commune de dire que les femmes d’autrefois étaient soumises aux hommes; elles ne l’ont jamais été, la raison en est connue; on la devine déjà à travers une certaine scène d’initiation dans « la guerre du feu », où madame la jouissante montre à monsieur le grognon dans quel orifice engager son machin. Puis la chair s’est faite verbe, beaucoup plus sûrement que l’inverse; et là, madame est devenue experte; on lui attribue déjà les peintures pariétales, qui exprimaient ses dispositions, encore caverneuses, à traduire ses sentiments, ses craintes et ses désirs; peu à peu, sur des milliers d’années, ces choses-là se sont éclairées, affinées, les dessins sont devenus des signes, les signes sont devenus des mots; et par la souplesse naturellement plus active de sa mâchoire et de sa main, la femme a montré plus d’aisance à traduire ces mots en sons, et inversement. Les hommes se sont eux aussi assouplis, et ont apporté au langage une dimension symbolique, religieuse, conceptuelle; en somme ils ont mis de l’ordre et du pouvoir dans une « dynamique » verbale et gestuelle que les femmes tendaient à rendre un peu folle et anarchique, en faisant un usage très variable de certains mots; de là viendrait sans doute la légende de l’inconstance féminine. Malgré les efforts de conceptualisation menés par des hommes spécialisés dans le langage (dévolu au pouvoir et à la religion), ou à cause d’eux, de nombreuses querelles et d’infinis malentendus ont continué de se produire en raison des conceptions privées que les uns et les autres, surtout les femmes, se faisaient des mots et de leur emploi. Disons qu’à la dimension quelque peu statutaire et solennelle d’un certain langage de pouvoir et d’autorité, les femmes continuaient d’opposer et de cultiver une langue souple et vivace, pleine d’images concrètes et de sous-entendus insaisissables, de quoi soulever le mépris grandiloquent de certains clercs. Puis, avec les voyages et l’apprentissage des langues vivantes étrangères, on peut penser que les situations peu à peu se sont assouplies.

C’est dans le contexte de l’assouplissement culturel, moral et linguistique de l’Europe, entre le XVIe et le XVIIe, que la marquise de Sévigné voit le jour, grandit, s’instruit et devient l’une des femmes les plus expertes qui soient dans le maniement des mots. La télévision publique (pour laquelle nous payons chaque année une redevance) vient de proposer cet été une série de portraits de femmes, présentées comme des rebelles ou des insoumises; les deux termes sont un peu anachroniques, et partent surtout de l’a priori que j’ai moi-même évoqué au début. Passons. Le professeur d’histoire ne peut que se réjouir au demeurant de ces émissions, regardées à chaque fois par plus d’un million de téléspectateurs, dont une majorité de téléspectatrices. Car ce sont des émissions dynamiques, alertes, bien montées, autrement plus évocatrices et suggestives que bien des cours d’histoire. Voici la bande-annonce du portrait consacré à Madame de Sévigné:

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Que retenir de ce portrait ? Par la mort accidentelle de son mari, la marquise devient une très jeune veuve, très désirable, très enjouée, mais aussi capable de retenues et de discipline, sa force spéciale en somme et dont elle se sert pour « faire tourner en bourriques » certains séducteurs un peu trop sûrs d’eux; elle accorde son amitié aux hommes d’esprit avant tout, et ne néglige pas celle des hommes d’Eglise. Mais sa grande passion, comme on le sait, fut sa fille, Françoise-Marguerite, qui se marie en 1669 à un vieux monsieur de 37 ans, très laid, le comte de Grignan. La séparation géographique, en 1671, entraîne le début d’une correspondance entre la mère et la fille; on estime à près de 1500 le nombre total des lettres écrites par Madame de Sévigné, dont 70 % pour sa seule fille, et de loin les plus longues. On sait aussi que ces lettres n’étaient pas destinées à la publication, et qu’à cette époque, une « écrivaine » est souvent telle que le mot le suggère. N’oublions pas en effet ce que nous disions à l’instant: les femmes se font un loisir d’écrire, ce n’est pas du tout un métier, une fonction, un « titre »; et la marquise s’adonne plusieurs fois par semaine à ce loisir, surtout quand elle réside au château des Rochers, près de Vitré, une modeste résidence en pleine campagne, très agréable au printemps et à l’été, mais fort sinistre le restant de l’année.

Je m’y suis promené avant-hier; mais le château est fermé au public pour cause de travaux; la marquise en appréciait surtout les allées (« elles auraient leur mérite à Versailles »), où elle pouvait songer et divaguer; elle décrit ainsi son loisir à sa fille: « Je vous avoue que c’est un de mes plaisirs que de me promener toute seule. Je trouve quelques labyrinthes de pensées dont on a peine à sortir, mais on a du moins la liberté de penser à ce que l’on veut. » (29 juillet 1671). Madame de Sévigné parle de tout, enfin de ce qui l’intéresse, de sa santé, de celle de sa fille, et des nouvelles de la Cour; son style est alerte, rapide (« j’écris si vite que je ne le sens pas »), passant d’un sujet à l’autre avec aisance ou ce qu’on appellerait plutôt de la désinvolture si l’on avait le mauvais goût de lire ses lettres pour y traquer des « valeurs », des « messages », des « concepts »… Pas question non plus d’y trouver un « tableau » des moeurs de l’époque, ni même un point de vue politique ou technique sur la Cour et le gouvernement du Roi (lire Saint-Simon pour cela); non, la marquise n’a pas de point de vue, elle se déplace constamment et varie ses angles d’attaque; elle est « virevoltante » et insaisissable. La religion évidemment lui pose un problème de « positionnement », dont elle s’explique:  » Je ne suis ni à Dieu, ni au diable; cet état m’ennuie, quoiqu’entre nous je le trouve le plus naturel du monde. On n’est point au diable, parce qu’on craint Dieu et qu’au fond on a un principe de religion; on n’est point à Dieu aussi, parce que sa loi est dure et qu’on n’aime point à se détruire soi-même. Cela compose les tièdes, dont le grand nombre ne m’inquiète point du tout; j’entre dans leurs raisons. » (14 juin 1671) 

                                    

Le charme discret de la pédale

 

A la différence de Sarkozy, qui se prétend cycliste et déclare aimer « grimper »(ses terrains de prédilection, Monte Carlo et Monte Carla), car le plat l’ennuie, je tiens à défendre une proposition qu’aucun véritable cycliste amateur ne démentira: c’est toujours très dur de monter, et le plat n’est pas du tout ennuyeux, d’abord parce qu’il n’est jamais plat. Tout observateur attentif et avisé de la pédale aura remarqué sur la couverture du magazine où l’ex-président exhibe sa passion du vélo qu’il ne porte pas de fixation automatique, fort appréciable pourtant quand il s’agit de monter, et que son petit embonpoint, sans parler de ses mollets rondelets et trapus, ne dégagent pas du tout la caractéristique d’un cycliste affûté ! Il faut se méfier des gens « passionnés », qui d’une manière générale sont bien souvent des baudruches ou des matamores épileptiques. J’avoue et je recommande ma préférence pour les personnes froidement rationnelles sur qui on peut compter. Un exemple ? Oui, Poutine ! Le président de la Russie ne se contente pas de déclarer sa « sportivité », il la prouve tous les jours par l’entretien de son corps d’athlète et l’exercice d’une politique et d’une diplomatie de très haut niveau, sans lequel notre Europe serait déjà en guerre, car c’est bien ce qu’espèrent nos chers alliés de Feuq-land Inc !

Quand donc un type vous déclare qu’il aime grimper, un conseil, méfiez-vous. Mais parlons vélo, justement. Je trouve ahurissante cette mode de la grimpette, où des pignoufs multicolores en lycra tentent de « faire le Ventoux », en roulant à 8 km/h et en prenant pour le coup des risques médicaux, qui chaque été se soldent par des centaines d’hospitalisations; n’est pas Simpson qui veut ! Encore plus ahurissante, symptôme d’une société profondément dépravée et débile, cette frénésie du public dans les montées du Tour de France, qui ne permet plus aux coureurs de respirer ni de voir la route; mais qu’attend-on pour se débarrasser une bonne fois pour toutes de ces hordes de Hollandais et d’Allemands ivrognes et cinglés ? C’est miracle qu’il n’y ait pas encore eu accident, la Providence est vraiment bien bonne pour les crétins et les cons ! Ahurissante aussi cette sorte d’admiration pour le modèle économique et social germanique, voire nordique et même scandinave, qu’on lit dans certains journaux. Mais enfin ! Nous n’avons rien à attendre de ces pays dégénérés et feuqlandisés, sociétés puritaines hygiénistes avec leurs femelles dominantes et leur théorie du genre (« La Suède est l’Arabie Saoudite du féminisme » a déclaré Julian Assange) et dont les hommes castrés viennent par conséquent se défouler en France (de nombreuses chambres d’hôtes du tranquille massif pyrénéen ont été vandalisées ces dernières années par les partouzeries cocaïnées de ces Bataves et de ces Scandinaves végétariens le restant de l’année) – Revenons au vélo. Une pratique raisonnable en fonction des possibilités de votre corps, de votre âge et de votre esprit, me paraît la meilleure façon de goûter au charme discret de la pédale. Ne tentez pas le diable ! Il serait capable de vous envoûter et de vous damner ! Ah vous n’y croyez pas ! Faible imagination que la vôtre alors; en revanche vous croyez aux analyses d’Alain Duhamel ! On ne peut plus rien pour vous.

Ma pratique du vélo est anti-sarkozyenne, c’est dire qu’elle est digne et respectable. J’aime rouler à 30-35, sentir le vent, qui me caresse, m’embrasse et m’étreint, parfois me plaque contre lui, selon la direction, j’aime entendre le mécanisme du vélo, tout en éprouvant la satisfaction de mes jambes qui tournent bien; 30-35 est la vitesse de croisière, tout en souplesse, bien que la route soit souvent rugueuse et « non stabilisée », pleine de pièces de bitume rajoutées dans les villages que je traverse. J’aime le rythme délié et l’effort soutenu, sans jamais me mettre « dans le rouge »; aussi les montées sèches, ex abrupto, qui brusquement enflamment l’organisme, affolent le cardio, et qui cisaillent les cuisses, ne me grisent-elles pas; franchement cet effort haletant n’a rien de judicieux; il faut être idiot et parfaitement feuqlandisé pour aimer la grimpette « à sec »; d’ailleurs, ça ne m’étonne pas, le « yes we can, do it ! come on ! yeah ! oh my god !  » est vraiment le slogan débile de cette propagande de grosses brutes et de salopes intégrales. Obama bitch ! Toute ma préférence va aux sagesses orientales, aux douceurs angevines, aux effusions contenues et durables de tous les peuples et de toutes les cultures qui ont encore été préservés de la violence made in Feuq-land… Hélas les attaques de celle-ci se multiplient et se répercutent rapidement; ils ne meurent pas tous, mais tous sont frappés…  

Sagesses orientales ? Douceurs angevines ? Qu’en reste-t-il ? Partout s’infiltre la propagande Feuq-land, dans n’importe quel magasin, n’importe quel bar, elle se diffuse  par les programmes télé et radio, elle impose ses épouvantables et méchants rythmes stridents, ses grosses résonances, sa grandiloquence fasciste, ses dialogues et ses images d’une cruauté effrayante, mais qui dorénavant font rigoler les cerveaux lobotomisés ou fascinent les petits intellos bien pensants en manque de vécu… C’est consternant, affreux, irrémédiable. Il faut trouver les moyens et la méthode pour s’en écarter; je m’y emploie, je m’y emploie, et, puis-je le dire, je progresse, je progresse !

Quelques jours en Bretagne me feront le plus grand bien.   

                                              

Avec les paysans

 

En notre époque de bien pensance puritaine et de Je suis Charlie défilant en poussettes, j’avoue que le spectacle des paysans déversant des remorques de fumier devant la préfecture de Caen, non sans avoir auparavant pris de vitesse les « forces de l’ordre » en se rassemblant dès 5 heures du matin dans le centre de la ville, j’avoue que ce spectacle très olfactif, en somme une vraie « performance » esthétique et transgressive à souhait, du street-art en 3 D à faire pâlir de jalousie tout plasticien avant-gardiste subventionné, j’avoue donc avoir été ravi. Que les représentants bien parfumés de l’Etat soient ainsi malmenés par les méchantes odeurs de la colère paysanne, oui, c’est plutôt réjouissant; j’imagine assez bien les observations indignées du personnel (très féminin) de la préfecture, les appels au calme et à la responsabilité du directeur de cabinet, tandis que monsieur le préfet, en vacances dans le golfe du Morbihan, où il s’apprêtait à faire une sortie en mer sur son petit voilier, est très en colère lui aussi via son portable contre les représentants syndicaux qui lui avaient promis avant son départ de ne tenter aucune action. La roublardise paysanne n’étant pas étudiée à l’ENA, les énarques se retrouvent donc fort dépourvus, bla-bla stérile, devant des types bien costauds, bien bronzés, en short, bras croisés, l’air de dire: « on est là ! » - On connaissait le « dasein » heideggerien (ou plutôt on fait semblant de connaître), voici, d’un abord plus rustique, le dasein paysan français !

Paysan ? Après avoir été écarté pendant les années 70-80, au profit, c’est le cas de le dire, de celui d’agriculteur, le terme « paysan » revient dans le langage; et le verbe parfois (pas toujours) se fait chair ! A la suite de José Bové, la moustache la plus loquace des Cévennes (Causse toujours tu m’intéresses !), on a donc vu et entendu des agriculteurs, la quarantaine, la cinquantaine, descendre de leurs machines et reprendre goût au silence créateur de la campagne (comme l’écrivain qui se tait pendant qu’il laisse germer son livre futur !), tout en y ajoutant leurs commentaires chuchotants sous le regard fasciné de quelque journaliste parisienne (le syndrome Lady Chatterley); ces habiles néo-paysans redéfinissaient à leur façon, en un curieux bricolage de « traditions » et de « modernité », de méthodes anciennes à l’aspect bourru, mal léché, et de calculs de coûts et d’allègements d’impôts tout à fait perspicaces, ils redéfinissaient, dis-je, un métier que l’opinion publique avait pris l’habitude de négliger sinon de mépriser. Une sorte d’idéologie paysanne trouvait aussi son identité en opposition à un système agro-industriel qui montrait des signes de fléchissement et de raidissement au début des années 90. 

Mais garder de la raideur tout en fléchissant laisse encore beaucoup d’espoir, et le milieu agricole français s’est reposé sur sa réputation virile, ne voyant pas venir la « nouvelle Europe », beaucoup plus salope il faut bien le dire, que celle, bonne fille, de la PAC et des quotas. La plupart des paysans français sont restés des agriculteurs à machines, peu sensibles au charme de la nature, sauf quand celle-ci pouvait prendre la forme de subventions environnementales; le goût de l’enrichissement et du profit (sous forme d’investissements immobiliers) provient chez eux d’un sentiment de revanche historique sur tous ces « gens de la ville », qui longtemps ont abusé de la main d’oeuvre rurale comme les coloniaux recouraient au travail des nègres; à la fin du XIXe, le grand Républicain Jules Ferry, l’un des modèles de François Hollande, parlait encore de la « cambrousse » pour désigner la campagne française. 

Mais actualisons notre propos. La succession des crises de prix et la mise en place complexe de la nouvelle PAC, vidée d’une partie de ses subventions, des années 2000 à aujourd’hui, ont favorisé les grandes exploitations, engagées dans une compétition de type pornocratique (les orifices du profit ayant tendance à rétrécir,  ils ne font que durcir les appétits de la pénétration ! Les banques fournissent la vaseline ), avec de nouveaux acteurs particulièrement vivaces dans le cadre de la nouvelle Europe bien salope; on peut comprendre les réticences de type moral et « humaniste » de nos paysans-agriculteurs français, élevés sur des terres de tradition catholique, où chaque bout de petite route porte sa croix, si l’on peut dire. Qui suis-je ? que fais-je ? ont été de bien lourdes questions qui brusquement sont tombées sur les épaules déjà voûtées de ces paysans; certains d’entre eux y ont répondu avec une corde (en général les paysans ne se ratent pas, ils ont tout l’équipement qu’il faut).

La crise actuelle, qui prolonge les précédentes et annonce les suivantes, touche surtout la catégorie, majoritaire, des paysans-agriculteurs polyvalents et ambivalents, professionnels, travailleurs, mais désireux aussi de conserver ou d’améliorer leur part d’amateurisme et de liberté bricoleuse, à la manière d’un professeur qui aime chez lui à lire et à écrire autre chose que les banalités bien pensantes et fort hypocrites de son métier; ces paysans (agriculteurs), partagés entre une situation matérielle aléatoire et le risque d’une liberté encore plus incertaine, se posent en effet des questions et découvrent des hypothèses, une énergie rhétorique et réflexive qui muscle leurs consciences. Aux plus réfléchis d’entre eux viennent des idées alternatives, qui les lancent sur des voies originales de production et de travail.  Beaucoup s’en tiennent au stade des  questions et des griefs, multiples, contre l’Etat et l’actuel gouvernement, contre les grandes surfaces et les industriels, voire contre l’Union européenne; trop de griefs, sans doute, peuvent étouffer la pureté de certaines revendications; moins d’importations ? plus d’exportations ? Chez les paysans-agriculteurs, contradictions et hypocrisie ne sont pas absentes, comme chez les professeurs; et surtout, les situations financières peuvent être sensiblement différentes d’une exploitation à l’autre, d’une étable à l’autre, d’un talus l’autre ! Derrière un discours collectif et un refrain syndical apparemment bien rodés, ou plutôt puissamment motorisés, les petites rivalités restent nombreuses et vivaces. J’apprends aujourd’hui que le jeune syndicaliste qui a autorisé le déversement des remorques de fumier sur la préfecture de Caen a été désavoué par ses supérieurs hiérarchiques; il vient donc de donner sa démission.  

  

       

 

 

 

 

 

 

                                                                  

Misère de la Ligue 1

 

16 buts ont été marqués lors de la deuxième journée, un de moins que lors de la première; sachant que la rencontre Troyes-Nice, qui a tenu toutes ses promesses (de l’Aube !), s’est terminée sur le score de 3-3, faites le calcul pour les autres matchs ! Pascal Praud sur le Multiplex de RTL s’est lancé dans un petit numéro de dépit et d’emportement dont il a le secret; « mais enfin ! remuez-vous ! » s’est-il exclamé à l’encontre de ces piètres équipes et piètres joueurs incapables de marquer et de se créer des occasions de but. Le match Angers-Nantes, un derby pourtant, s’est avéré particulièrement ennuyeux et navrant; mais ce ne fut guère mieux à Rennes, où fidèle à ses conceptions, l’entraîneur Philippe Montanier a renforcé son milieu de terrain défensif, ne laissant qu’un seul attaquant en pointe, privé de ballons, forcément.

J’avais dénoncé il y a quelques années déjà le malaise du jeu rennais à travers un article « les soi-disant Bretons du Stade Rennais » qui m’avait valu la réaction pédante d’un petit gauchiste (sans doute François Bégaudeau) m’accusant de racisme et de frustration sexuelle; sans doute avais-je fait allusion aux gros queutards, le genre M’Vila, qui évoluaient à l’époque dans l’équipe rennaise. Quand on voit ce qu’est devenu le joueur en question*, dont on disait pourtant le plus grand bien, malgré ses frasques et sa délinquance de millionnaire qui étaient de notoriété publique sur la place rennaise, on ne peut que me donner raison. Dans le même article j’évoquais aussi la direction et la présidence très mondaines du club, tous ces beaux messieurs avec leurs coupes de champagne dans les « loges » du stade, et aussi en dehors (comme le signalent les auteurs du livre « Pourquoi le foot français va droit dans le mur », le foot professionnel est devenu une vitrine et une stratégie de communication pour certains dirigeants d’entreprises, c’est un « milieu » où l’on peut faire des affaires, dans le prolongement du milieu maçonnique). Club jugé exemplaire en raison de son centre de formation et de ses finances « saines », antienne de nombreux supporters bien pensants qui vont au stade avec leurs enfants, le Stade Rennais a surtout montré ces dernières années, en frôlant la caricature, une criante absence de beau jeu et de résultats probants. Malgré un  public potentiellement important (c’est une agglomération de plus de 300 000 habitants) et d’une rare patience, les affluences ont diminué et les ambiances sont devenues ternes, voire renfrognées (le Breton déçu devient très vite amer). La politique de recrutement s’est révélé catastrophique, en faisant venir des joueurs d’un peu partout, qui bien entendu ne sont pas parvenus à constituer un « groupe »; « l’ambiance de vestiaire laisse à désirer » comme disent pudiquement les journalistes confinés en « zone mixte », là où ils peuvent poser quelques questions aux joueurs, quand du moins ceux-ci daignent ôter leurs gros casques de rappeurs (si au moins ils écoutaient du Schubert…).

Le malaise et la misère de la Ligue 1 sont faciles à expliquer: des joueurs dans l’ensemble très médiocres, qui ont été sélectionnés et recrutés pour leurs forces physiques et athlétiques ( à l’âge de 15 ans ils mesurent déjà 1,80 et pèsent 80 kilos !), ou bien pour leurs « pointes de vitesse »; ces joueurs ne progressent pas, une fois leurs « qualités » de base reconnues, et ne montrent même pas grande envie d’en savoir plus; bien sûr, ils sont très gentils dans l’ensemble, et par leur attractif pouvoir d’achat sont amenés, sans efforts, à rencontrer des « gens » qui les dégrossisent, les conseillent, voire les « cultivent ». Mais si, entraîneur, vous vous avisez de les faire bosser et de leur expliquer un peu ce qu’est le football, c’est à dire un sport avant tout collectif (ça alors !), là, vous risquez fort de réveiller leur susceptibilité (et leur esprit de jouissance comme dirait l’autre) et de provoquer des réactions négatives, visant à saboter le travail et les résultats. Seul un entraîneur de renom dans un club prestigieux et bien doté, par exemple en Angleterre, peut à la rigueur inciter le joueur à faire quelques efforts; tel n’est pas le cas de Frank Passy à l’OM, et la désolante prestation de son équipe face à Reims a ponctué une semaine où les joueurs en « stand by » se sont dispersés en commentaires désobligeants à l’égard de Bielsa et en autosatisfaction juvénile pour les entraînements cools et sympas du nouveau coach ! Par ailleurs, comme le rappellent Pascal Praud et Grégory Schneider sur I-Télé, un très bon joueur sait toujours se concentrer et se reconcentrer comme il faut sur son travail, car le talent lui permet de toute façon de retrouver très vite ses sensations et son intelligence; il n’en va pas de même pour les joueurs très moyens voire médiocres de notre misérable Ligue 1. Enfin, entre ces derniers et les précédents, on trouve des joueurs difficiles à évaluer, à estimer, dont les performances sont très variables; ce sont donc d’assez bons joueurs, plutôt sérieux, mais capables de passer complètement  »au travers » le jour d’un match important… Tout ce tableau n’est finalement pas très éloigné de ce qu’un prof peut constater chez ses élèves.

Les « instances dirigeantes » du foot professionnel, qui actuellement se déchirent, entre une tendance disons « libérale » et « oligarchique » (Aulas, Thiriez et cie) et une tendance disons « sociale » et « fédérative » (la FFF), seraient bien inspirées de songer à des règles qui permettraient de dynamiser un peu, de réveiller et de secouer le jeu de la Ligue 1; par exemple le retour du « bonus » (+ 1 pt) pour une victoire avec plus de 2 buts marqués et 2 buts d’écart; la règle du pénalty me semble mériter également une révision; seul un joueur nettement fauché (« comme un lapin en plein vol » selon la formule de Thierry Roland) dans la surface de réparation devrait entraîner un pénalty; les autres fautes (accrochages, bousculades, mains involontaires des défenseurs) ne devant se solder que par des coups-francs directs (avec des murs réduits à 3 joueurs). Mais là, seule la FIFA peut en décider; on dit que Michel Platini, son probable futur président, aurait des propositions pour aller dans le sens d’un football plus dynamique et plus offensif. A suivre…. 

*: il est allé en Russie puis en Italie, et maintenant il joue dans l’équipe réserve de Sunderland; il a disparu des tablettes de Didier Deschamps !

      

 

 

 

 

                                                

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